Philippe Wolfers (1858–1929)

Nu aux mains croisées

Philippe Wolfers (1858–1929), — Nu aux mains croisées, Sculptures, 1923, Maison Rogier, antiquaire à Bruxelles

Philippe Wolfers (1858–1929) Nu aux mains croisées, 1923 Marbre de Carrare Réalisé à l’apogée de la carrière de Philippe Wolfers, à la veille de la présentation de son célèbre ensemble Gioconda, ce marbre constitue un témoignage rare de son évolution vers l’esthétique Art Déco. La figure féminine, aux mains délicatement croisées sur la poitrine, se distingue par la pureté de ses lignes et par sa coiffe hautement stylisée. Elle traduit l’attrait des années 1920 pour une réinterprétation moderne de la statuaire antique. Dans ce nouveau langage plastique, Wolfers dialogue avec l’héritage d’Auguste Rodin et d’Antoine Bourdelle, tout en affirmant une vision plus géométrique et résolument personnelle. Le modèle s’inscrit dans un ensemble cohérent de recherches menées par l’artiste : sa douceur rappelle L’Ingénue (1916), tandis que sa silhouette annonce La Pythonisse (1927). Le visage et la coiffure trouvent également des échos frappants dans Walkyrie (1922) et L’Offrande (1924), suggérant l’emploi d’un même modèle pour plusieurs œuvres majeures de cette période. Cette sculpture est l’unique réduction en marbre répertoriée à ce jour. Elle fut éditée parallèlement à quatre exemplaires en bronze, dont l’un est aujourd’hui conservé au Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (KMSKA). Un autre, provenant de la collection personnelle de l’artiste, fut dérobé à son épouse durant la Seconde Guerre mondiale. L’œuvre fut exposée lors de l’ultime rétrospective consacrée à Philippe Wolfers, organisée à la salle Plantin à Anvers en novembre 1929. Une photographie d’archive montre le marbre présenté sur une haute colonne, près du centre de l’exposition. Lors de la dispersion des œuvres destinées au projet de Musée Philippe Wolfers, la sculpture fut acquise vers 1930 par M. Van Goethem, artisan de la Maison Wolfers Frères. Conservée par sa descendance depuis près d'un siècle, l’œuvre réapparaît aujourd’hui, totalement inédite sur le marché. Référence bibliographique : W. Adriaenssens et R. Steel, La Dynastie Wolfers : de l’Art Nouveau à l’Art Déco.

Sculptures · 1923 · Philippe Wolfers

Disponible — Maison Rogier, antiquaire, Avenue Louise 367, 1050 Bruxelles.